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USA-Ce qui pourrait priver les démocrates d'une nette victoire aux "midterms"
information fournie par Reuters 14/10/2026 à 17:52

par Tim Reid

La faible cote de popularité de Donald Trump, les inquiétudes des électeurs face à la hausse des prix et le mécontentement suscité par la guerre contre l'Iran ont conduit de nombreux analystes et sondages à prédire des gains importants pour les démocrates lors des élections de mi-mandat du 3 novembre.

Mais six analystes et stratèges politiques ont déclaré à Reuters que plusieurs facteurs pourraient empêcher les démocrates de transformer ces conditions politiques favorables en une victoire écrasante, même si le parti parvient finalement à obtenir la majorité dans l'une des chambres. Voici les six principaux :

MOINS DE CIRCONSCRIPTIONS AU RÉSULTAT INCERTAIN

Le nombre de circonscriptions qui peuvent basculer dans un camp ou dans l'autre à la Chambre des représentants a fortement diminué au cours des trois dernières décennies, la polarisation partisane accrue et le redécoupage électoral – y compris le "gerrymandering" (le "charcutage" électoral) – ayant rendu davantage de sièges acquis aux démocrates ou aux républicains.

En conséquence, les analystes estiment que seuls 40 à 50 des 435 sièges de la Chambre des représentants sont véritablement contestés cette année.

La plupart s'attendent à ce que les démocrates reprennent la chambre basse, mais avec une majorité de 5 à 20 sièges seulement, ce qui limiterait l’ampleur des gains par rapport à 2018, année où les démocrates avaient remporté 41 sièges pour reprendre le contrôle de la chambre.

Bill Galston, ancien conseiller du président Bill Clinton à la Maison Blanche, souligne que même si les démocrates devaient remporter 25 sièges de plus qu'en 2024, ils ne disposeraient que d’une courte "majorité de travail" qui leur laisserait peu de marge de manoeuvre pour adopter des lois controversées.

LA MAJORITÉ AU SÉNAT N’EST PAS ASSURÉE

Bien que les démocrates soient favoris pour réaliser des gains au Sénat, qui compte 100 membres, le gain net de quatre sièges nécessaire pour disposer d'une majorité de 51 contre 49 est plus qu'incertain car nombre des sièges qu'ils convoitent se trouvent dans des États où Donald Trump s’est largement imposé en 2024.

Pour David Wasserman, analyste électoral au Cook Political Report, un organisme non partisan, même une victoire des démocrates par 10 points de pourcentage au niveau national ne garantirait pas aux démocrates d'obtenir la majorité au Sénat. Il leur faudra pour cela remporter au moins deux sièges dans des Etats où Donald Trump l'avait emporté avec une avance à deux chiffres en 2024.

Les démocrates sont également confrontés à des scrutins plus serrés que prévu dans des États qu’ils espéraient remporter facilement, notamment le Maine et le Michigan.

TAUX DE PARTICIPATION

Les sondages d’opinion montrent que les électeurs démocrates sont plus enthousiastes que les républicains à l'idée d'aller voter, mais les stratèges soulignent que certains électeurs qui penchent plutôt du côté des démocrates, notamment les jeunes, les Noirs et les Hispaniques, participent traditionnellement moins aux élections de mi-mandat.

Lors des élections de mi-mandat de 2022, les électeurs âgés de plus de 50 ans étaient deux fois plus nombreux à s'être déplacés que leurs cadets. Or, il s'agit d'un électorat qui a de plus en plus tendance à voter républicain.

L'AVANTAGE FINANCIER DES RÉPUBLICAINS

Les républicains abordent les dernières semaines de la campagne avec un avantage financier substantiel, même si les dépenses engagées jusqu’à présent dans les circonscriptions clés ont donné des résultats mitigés.

Les comités nationaux républicains et les comités d’action politique (PAC) qui soutiennent les candidats républicains disposent d'un trésor de guerre d’environ 614 millions de dollars en liquidités, contre 392 millions pour les démocrates, selon les derniers documents déposés auprès de la Commission électorale fédérale.

Les républicains s’appuient également sur le super PAC "MAGA Inc." de Donald Trump, qui disposait de 416 millions de dollars en liquidités début septembre.

Fin septembre, les républicains avaient dépensé 188 millions de dollars de plus que les démocrates en publicité dans les États clés pour le contrôle du Sénat, selon AdImpact, qui suit les dépenses publicitaires.

"Chaque fois qu’un camp dispose d’un avantage financier considérable et de la capacité de l’injecter dans la campagne à la dernière minute, cela peut faire pencher la balance dans des courses serrées", souligne Andrew Busch, professeur de politiques publiques à l'Université du Tennessee et auteur d'un livre sur les élections de mi-mandat.

LES SONDAGES ONT SOUS-ESTIMÉ LA FORCE DES RÉPUBLICAINS

Les sondages d’opinion ont souvent sous-estimé le soutien dont bénéficient les républicains lors des derniers cycles électoraux. Un sondage Reuters/Ipsos montre que les électeurs inscrits préfèrent les démocrates aux républicains à 43 % contre 35 % pour les élections législatives.

Les plus grandes erreurs de sondage ont été constatées lorsque Donald Trump figurait sur les bulletins de vote. Donald Trump, qui ne se présente pas cette année, a exhorté ses partisans à aborder les élections de novembre comme s’il était candidat.

Les sondages avaient considérablement sous-estimé la force des républicains lors des élections de mi-mandat de 2014, alors que le parti avait remporté une victoire écrasante au Sénat. Les sondages de mi-mandat de 2022 avaient quant à eux sous-estimé les résultats que les démocrates allaient obtenir.

LES ATTAQUES SUR LE THÈME DU SOCIALISME POURRAIENT TROUVER UN ÉCHO

Donald Trump et de nombreux candidats républicains ont cherché à présenter les démocrates comme des socialistes et des extrémistes représentant une menace existentielle pour le pays.

Les démocrates engagés dans des courses électorales serrées se déclarent de plus en plus fiers d’être capitalistes, craignant que les tactiques républicaines ne fassent basculer des électeurs indépendants décisifs.

Les républicains mettent en avant les victoires remportées par des membres du mouvement de gauche "Democratic Socialists of America" et par des candidats progressistes lors des primaires démocrates afin de présenter l’ensemble du parti comme socialiste, même si moins d’une vingtaine d’entre eux ont remporté des victoires cette année.

Selon Bill Galston, ces attaques pourraient trouver un écho auprès de certains électeurs indécis. "Cela pourrait s’avérer efficace à la marge en réduisant l’avance des démocrates d’un ou deux points dans les courses serrées", estime-t-il.

(Version française Tangi Salaün)

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